Ozil / Strapélias: c’est la guerre! Analyse des attaques et des réponses de chacun.

Rien ne va plus entre le directeur de cabinet de Jean-Claude Bouchet et Sonia Strapélias, la candidate du parti « La République En Marche » aux élections législatives dans la 2ème circonscription de Vaucluse. Le premier a relayé un article de la Provence en rappelant les points de l’article concernant les billets de tombola, les bons repas du restaurant « So Watt » expirés ou encore le projet de renflouement de l’UCAV par Madame Strapélias. La candidate elle a répondu de manière assez déstructurée aux propos de la Provence et de Monsieur Ozil. Retour sur une affaire de campagne.

Qui dit vrai? qui dit quoi?

Qui dit vrai mais surtout qui dit quoi. C’est le journal la Provence qui a lancé les assauts en publiant la semaine dernière un article à charge contre Madame Strapélias et sa mauvaise gestion de l’Union des Commerçants et des Artisans de Vaucluse. L’article mentionne notamment la mauvaise situation de l’association gérée par Madame Strapélias, avec des épisodes tels qu’un conflit entre la Présidente et ses adhérents, notamment lorsque celle-ci décide de faire éditer des « bons cadeau » à utiliser dans son restaurant, restaurant qui n’est désormais plus en activité puisque sa liquidation a été prononcée. Sur ces bons, Sonia Strapélias utilise son droit de réponse et affirme que plus aucun n’est « dans la nature ». Nous avons reçu l’un de ces bons, numéroté. Il en reste donc « dans la nature » a priori.

L’attaque principale du directeur de cabinet du maire de Cavaillon (qui a néanmoins publié son statut Facebook à 8h00 un jour de Pont de l’Ascension) concerne l’annonce par la candidate de la République en Marche du renflouement des caisses de son association par la réserve parlementaire une fois élue. L’UCAV semble en effet avoir souffert de la loi NOTRE (mise en place sous Hollande pendant qu’Emmanuel Macron était ministre) et il lui manquerait une subvention de 18 000 euros du Conseil Départemental, qu’elle a notamment tenté d’éponger avec une tombola qui n’a malheureusement pas rencontré le succès espéré.

Sonia Strapélias invoque la Flèche Cavaillonnaise et la dette de l’Isle-sur-Sorgue dans sa réponse

Plus étonnant. Sonia Strapélias, qui a, à juste titre, invoqué son droit de réponse dans une longue diatribe, a d’abord précisé que la voiture de la tombola était payée tout en accusant les autres de la juger sur une « question de gestion » alors que son association est pour elle le « dernier rempart contre la grande distribution qui a tué notre économie locale avec la complicité de certains élus locaux en place « .

Plus étonnant , la candidate invoque le leg de Maurice Bouchet, en l’occurrence la Flèche Cavaillonnaise en se posant la question de savoir « Quel fut le sort de la Flèche Cavaillonnaise? ». Outre le fait que cette question ne soit pas en phase avec le sujet concerné, il est de bon ton qu’elle a déjà été tranchée par le passé au tribunal.

Plus étonnant encore, Madame Strapélias se pose la question:

Savez-vous que la dette de la mairie de l’Isle sur la Sorgue est de 43.069.000 euros, soit 2242 € par habitant alors que la moyenne nationale est de 947 €, et que monsieur le maire de l’Isle-sur-Sorgue est le suppléant de Monsieur Bouchet

Madame Strapélias a, à peu près raison sur les chiffres de la dette en valeur absolue. Néanmoins, elle oublie un élément crucial.

  • on ne regarde pas la dette qu’en termes nominaux, c’est-à-dire qu’on doit aussi regarder la capacité de désendettement d’une ville comme l’Isle-sur-Sorgue. Et là, les chiffres donnent tort à Madame Strapélias puisque la capacité de désendettement de la commune a évolué favorablement au cours de ces dernières années. En d’autres termes, l’Isle-sur-Sorgue peut se permettre d’emprunter (et les banques lui prêtent bien volontiers à bas taux), ce que ne peuvent pas se permettre d’autres communes en France car elles ne génèrent pas autant de rentrées d’argent que l’Isle-sur-Sorgue. C’est ainsi que la dette par habitant à Saint-Tropez est de 10,000 euros par habitant, ce qui n’inquiète pas la commune non plus.

  • il en est de même pour l’annuité de la dette de l’Isle-sur-Sorgue, supérieure à la moyenne nationale mais payée aussi par les rentrées d’argent des commerçants (notamment bars et restaurants) qui profitent de la manne touristique que ne possèdent pas d’autres communes en France.

La candidate attaque le directeur de cabinet sur ses heures de travail

Sonia Strapélias attaque frontalement Monsieur Ozil dans sa réponse en lui demandant

Est-ce que cela rentre dans les comptes de campagne, un chef de cabinet qui poste sur facebook pendant ses heures de travail des textes qui descendent une candidate opposée à votre patron ??

Petit souci pour cette attaque. Non seulement l’article a été publié sur le Facebook personnel (mais très politique) du directeur de cabinet, mais elle est faite à 8h05 un jour de Pont de l’Ascension. A moins que Monsieur Bouchet ne demande à Monsieur Ozil d’être présent à la mairie de Cavaillon un vendredi de l’Ascension à 8h05.

A la question de savoir si la publication d’un tel article (partagé plus de 70 fois) doit rentrer dans les comptes de campagne de Jean-Claude Bouchet, la réponse est donc doublement non: hors des heures de travail et sur un Facebook personnel.

Sonia Strapélias, candidate du sentiment

On distingue un verbiage très sentimental dans la réponse de la candidate, réponse qui malgré des arguments sur le fond, reste très déstructurée. On ne relève pas les fautes d’orthographe et de grammaire de la réponse car cela a déjà été fait sur notre Facebook ce qui a valu de nombreux reproches.

Sonia Strapélias commence son propos par « qui ont déversé leur haine », et se demande si on lui  » reproche d’être « pauvre « . La psychologie à deux balles veut aussi que l’on relève le « je comprends qu’une « petite  » qui est une directe retranscription d’un complexe d’infériorité manifeste.

En conclusion

En conclusion de toute cette affaire, qui est certes loin d’être terminée au vu des nombreux rebondissements (intervention de l’ancien associé de Madame Strapélias, retrait de certaines associations locales de commerçants de l’UCAV…), on peut dire que:

  • Madame Strapélias a répondu en partie sur le fond, aux questions posées par l’article de la Provence et relayé par Monsieur Ozil,
  • Madame Strapélias a extrapolé sa réponse à d’autres questions qui ne sont pas en ligne avec le sujet traité (La Flèche Cavaillonnaise, la dette de l’Isle-sur-Sorgue tout à fait surmontable);
  • Monsieur Ozil a relayé un article de la Provence en dehors de ses horaires de travail et sur son Facebook personnel.

Jean-Claude Bertau

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